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vendredi 2 octobre 2009

Tiberiu Olah (1927, Arpaşel - 2002, Târgu Mureş)

Au Conservatoire de Cluj, T. Olah étudie de 1946 à 1949 l'harmonie, le contrepoint et la composition auprès de Max Eisikovits, la théorie et le solfège dans la classe de Iuliu Mureşianu et le piano avec Gheorghe Halmoş. Il poursuit ses études au Conservatoire Piotr Illich Tchaikovski de la capitale russe. Il y restera 5 années, pendant lesquelles il perfectionne sa pratique de la composition (professeur Evgeni O. Messner) et de l'orchestration (prof. Dimitri Rogal-Levitzky). Il s'initie à la technique du contrepoint auprès d'Evgeni R. Galubev. En 1966, il étudie la musique électronique à Munich, dans les locaux de Siemens. T. Olah se rapproche de l'Ecole de Darmstadt en suivant, en cinq occasions, les Internationale Ferienkurse für Neue Musik (1967, 1968, 1970, 1974). Les cours sont assurés par György Ligeti (esthétique musicale), Erhard Karkoschka (analyse des formes), Günter Becker (instrumentation), Christoph Caskel (pratique des percussions dans les compositions), Saschko Gavriloff, Siegfried Palm et Aloys Kontarsky (interprétation).

Son parcours est intimement lié au Conservatoire de Bucarest dont il est employé sans discontinuer de 1954 à 2001, d'abord en tant qu'assistant, puis lecteur à partir de 1958 et enfin professeur associé en 1974. T. Olah est particulièrement apprécié en Allemagne Fédérale où il est invité en résidence (Berlin Ouest, 1969-70) puis honoré d'une bourse de recherche (1978-79, Deutscher Akademischer Austauschdienst). Il assure dans ce pays plusieurs conférences et publications. La France et les Etats-Unis le reçoivent également. Il est titulaire de nombreuses récompenses (Bucarest, 1953 et 1965 ; Moscou, 1957 ; Etats-Unis d'Amérique, avec le Prix Koussewitzky du disque, 1967). Parmi cette longue liste on note encore le prix de l'Union des Compositeurs Roumains (1974-1981) et le prestigieux grand prix de cette même union, en 1993.

Son oeuvre de compositeur est vaste. Elle comporte musiques de scène, cantates et oratorios, symphonies et pièces pour orchestre, musique de chambre, choeurs. T. Olah était aussi un compositeur régulier pour le cinéma (sa partition originale pour le film Pelicanul Alb est primée en 1966). Son art singulier fait de lui une figure majeure de la musique roumaine de la seconde moitié du siècle. Natif de la région relativement épargnée, d'un point de vue identitaire et culturel, de Maramureş, au nord de la Transylvanie, Tiberiu Olah (Olah Tibor en langue hongroise) a su en transcender l'art archaïque pour trouver un langage éminemment personnel et séduisant, sans pastiches folkloriques ni imitations modernistes. Son écriture séduit par l'abondance maîtrisée de ses idées.

Sa Quatrième Symphonie, sous-titrée "Giocosa", bien qu'écrite dans la dernière décennie du XXe siècle, refuse toute facilité pseudo-moderne tout en restant d'écoute aisée. La partition captive par sa théâtralité en constante hésitation entre tragique et comique. Cette oscillation engendre un grotesque peu complaisant et teinté d'inquiétude. Le troisième et dernier mouvement fait la part belle au pupitre de percussions, instaurant un chaos d'où s'élève une Ode à la Joie timide et bientôt noyée dans un océan de glas. Cette coda funèbre est-elle sauvée par une ultime espièglerie des cordes ? A chacun de décider.

Sources
  • Viorel Cosma, Muzicieni din România, vol. VII, Editura muzicală, Bucureşti, 2004 - ISBN 973-42-0366-5
  • Creaţii Simfonice Româneşti, CD 1, UCMR-ADA Oa 10326, notice d'Oltea Şerban-Pârâu. Orchestre National de la Radio dir. Horia Andreescu pour la Symphonie n° 4.