mercredi 26 août 2009

Musique en Serbie

De la Roumanie à la Serbie il n'y a qu'un pas. Pourtant, la musique serbe est encore plus méconnue que celle de son voisin latin - c'est dire ! Mes incursions dans l'ex-Yougoslavie m'ont donné l'occasion d'une brève immersion dans l'art musical des Slaves du Sud.

Seul un fleuve sépare la Roumanie de la Serbie. Mais qu’il suffise de traverser le Danube, par la route empruntant le barrage des Portes de Fer, pour s’aviser que la distance entre les deux contrées est bien plus importante que la largeur d’un cours d'eau. Voici l’ex-Yougoslavie, aux villages quiets entourés de belles et grandes villas. La politique d’émigration contrôlée de Tito a ramené de salutaires devises au pays ; cela est encore perceptible, particulièrement en revenant de Roumanie où les seuls bâtiments ayant conservé quelque charme - je ne parle pas des demeures des nouveaux riches - datent d’avant la chape de plomb totalitaire. Les Roumains entretiennent une admiration sincère pour leurs voisins slaves. Un tel sentiment est d’autant plus remarquable qu’il est délibérément absent des autres considérations frontalières, au Nord, à l’Est comme au Sud. Difficile de faire comprendre aux Roumains que la Yougoslavie n’était pas pays de cocagne et ne représentait somme toute qu’un avatar moins ubuesque du despotisme communiste. Mais la propagande de Tito, visiblement, touchait droit sa cible, et continue de fonctionner, trente ans après la mort du tyran.

Il arrivait qu’au moment de passer les écluses, Roumains et Serbes s’échangent quelques paroles.

- Holà ! Que deviendrez-vous si demain Tito meurt ? disaient les Roumains.
- Et vous, que deviendrez-vous si Ceauşescu ne meurt pas ? s’esclaffaient les Yougoslaves.

Le petit trafic autorisait les ressortissants des deux pays à passer la frontière, les autos chargées de légumes, pain ou chocolat. Cette concession minime au capitalisme si méprisé offrait pourtant un semblant de bien-être aux frontaliers, et n’a pas été sans effet sur le sentiment encore vivace des Roumains sur leurs voisins.

Les villes serbes sont étrangères à ce mélange de réhabilitation et d’inachevé crasseux qui les rend si rébarbatives en Roumanie. J’ai visité Kladovo, Negotin, Belgrade ; j'ai remonté la vallée du Danube et traversé de part en part la Voïvodine. Partout ce souci d’offrir un espace de promenade, des terrasses ombragées, de riches vitrines à l'écart du vacarme. Pas grand-chose, sans doute ; mais ce pas grand-chose-là n’a pas effleuré l’esprit des Roumains, pour lesquels les gaz d’échappement ne sauraient gâter le luxe d’être en terrasse, et qui par-dessus le marché s’obstinent à vous défoncer les tympans avec des chansons idiotes entrecoupées de publicités consternantes, à grand renfort de baffles savamment disposés.

Belgrade ressemble à Bucarest, mais aussi aux villes d’Europe centrale, avec ses restaurants animés, ruelles tortueuses au charme Belle-Époque ; et sa très vaste avenue piétonne, Ulica Knez Mihailova, reliant le centre ville à la forteresse du Kamelegdan, d’où l’on contemple la confluence du Danube et de la Sava. Je me suis fait la réflexion que cette capitale deviendrait une destination de premier choix quand la Serbie aura réintégré le concert des nations. Encore lui faudra-t-il confirmer la mise sous tutelle d’un nationalisme exacerbé, alimenté encore récemment par la superstition et le déni de réel.

Y a-t-il une musique classique serbe ? Je trouve chez quelques disquaires des CD épars. Voici un album anniversaire des 75 ans de la radio-TV nationale, avec des œuvres de Petar Konjović. D’abord des chœurs avec accompagnement de piano : Oj, za gorom, Orošen đerdan, Vragolan. S’agit-il d’une imitation des Chants moraves de Dvořák ? Sans doute, mais sans la fraîcheur ensorcelante du modèle. P. Konjović (1883-1970) ayant étudié au Conservatoire de Prague, la filiation n’est pas étonnante.
Kestenova gora est une partition orchestrale du même auteur. Un léger martèlement des percussions, une triste cantilène à la clarinette basse, et l’orchestre s’éveille par paliers. Effet oriental ; crescendo irrésistible, mais sans hâte. Climax à 4’30. Curieusement, le langage de Konjović rejoint celui de Prokofiev (Alexandre Nevski) ou Novák (Suite de la Bohême du Sud). Retour au calme, bref épilogue. Kestenova gora est le nom d’une localité croate. Fut-ce le lieu d’une bataille avec les Ottomans ? Mystère. Il serait trompeur de faire de cette partition un chef d’œuvre inconnu, mais cette arche néoromantique à l’écriture réussie mérite sa place au concert.

Changement d’ambiance avec le très extraverti Čočečka igra, introduit par le tambour de basque et les caquètements des bois, rapidement grossis aux violons. A partir de 2’30 la musique se pare d’orientalismes, avant que la clarinette n’offre un adagio poétique à peine troublé par le contrechant des autres bois. A la cinquième minute, les cordes retournent à la mélodie initiale, romancée et poussée à son paroxysme lyrique. Tourbillons de carnaval, claquements de fouet, rythmes syncopés, en alternance avec les danses plus placides et toujours ranimées à partir du matériel déjà exposé. Le côté décousu de cette pièce gâche hélas le plaisir de l’écoute.

A partir de ces quelques partitions, l’image de Petar Konjović s'impose comme celle d’un musicien talentueux, attaché aux maîtres du passé, mais sans ce génie particulier qui permettrait de le ranger parmi les artistes scandaleusement méconnus.

Autres danses, pour chorale a capella, de Svetislav Božić : Homoljska igra. Cette robuste guirlande expressionniste évoque, par son archaïsme, Carmina Burana ; mais l’on pense aussi aux Voix Bulgares et à certaines évocations du culte orthodoxe. Une énergie parfaitement mise en portées : à découvrir.

Que dire de l’Ouverture dramatique, Dramatična uvertira, de Vasilije Mokranjac ? A vrai dire, pas grand-chose ; une honnête partition des années 1880, voilà ce qui transparaît d’une première écoute. Puis l’on se frotte les yeux, l'on se torche les oreilles : V. Mokranjac a vécu de 1923 à 1984. Sa partition serait donc contemporaine du dernier Bartók, de la maturité stravinskienne, et lui-même serait né la même année que le regretté György Ligeti ? Alors, l’on réécoute son ouverture, où l’on trouvera avec de la bonne volonté quelques accents mahlériens, mais surtout une enfilade de poncifs servis avec une emphase pompeuse franchement désagréable. A fuir !

Encore un Mokranjac, Stevan Stojanović de son prénom. Il a vécu de 1856 à 1914 ; ce n’est donc pas le père du précédent, et j’ignore même si un lien de parenté les unit. S. St. Mokranjac est un personnage célèbre. Il a un buste au centre de Negotin, sa ville natale, et sa figure orne les billets de 50 dinars. Cette gloire paraît justifiée. Son chœur pour hommes sans accompagnement Prva rukovet aux couleurs changeantes incite à une découverte d’un compositeur dont on se plaît à imaginer l’art fertile.

Le CD (réf. 431692 SOKOJ) comprend aussi l'Ave verum de Mozart (écrit "Mocart") et l'Alléluia du Messie de Haendel. Choeurs de la RT serbe, dir. Mladen Jagušt (Konjović, S. St. Mokranjac) et Vladimir Kranjčević (Božić). Orchestre symphonique de la RTS, dir. Bojan Suđić.
Voir : www.pgp-rts.co.yu/katalog/izdanja/431692RadioHor.htm.

La pianiste Nada Kolundžija est une émule de Glenn Gould, spécialisée dans la musique de notre temps. Son unique CD, sponsorisé par la Société Générale, a été capté dans la Synagogue de Novi Sad en octobre 2004. Le Virdžinal (Virginal) de Vuk Kulenović (né en 1946) commence le récital. Le jeu martelé de cette page veut imiter le timbre du clavecin. Atmosphère onirique : basse lente et lestes arpèges, jusqu’à la septième minute. Là, le piano impose sa puissance et laisse un champ de ruines, commenté en épilogue par les dernières gammes modales du clavier - redevenu virginal.
Ce morceau plutôt réussi contraste avec celui de Miloš Raičković (né en 1956) intitulé B-A-G-D-A-D, composé en 2002 : « musique sur un thème de six notes, en défense de l’Irak ». « Défense » contre l’intervention armée de la coalition, j’imagine, et non contre le despote qui tenait son peuple dans une main de fer… Musicalement, cette pièce fondée sur les lettres de la capitale irakienne (si – la – sol – ré – la – ré correspondant à l’énumération B-A-G-D-A-D), improvisation stérile sans la moindre inspiration, évoque davantage la besogne d’un tâcheron pour une quelconque série Z qu’une œuvre digne d’un concert.

Curieuse page intitulée Tišina i Ništa (Silence et rien), pour « voix soupirante » et piano, composée en 2004 par Irena Popović âgée à peine de 20 années. Une voix féminine susurre quelques paroles énigmatiques. Un piano atonal lui répond. Intrigant, ésotérique, pas désagréable ; des clefs seraient les bienvenues.
A noter : les deux interprètes ne font qu’une, c’est Nada Kolundžija en personne qui murmure.

Le CD (réf. ISBN 86-904693-1-1) comporte aussi des pages de L. Andriessen et M. Klagel. Site de l'interprète : www.nadakolundzija.info.

Est-ce une partition oubliée du cher Vieuxtemps ? Les premières mesures du Concerto pour violon et orchestre de Stanojlo Rajičić, tout en adresse et mélodie, pourraient en tromper plus d’un. Puis le second thème de cet Allegro moderato, sur une étonnante gamme modale, affirme la personnalité de cette page néoromantique que l’on daterait, sans plus d’informations, de la fin XIXe. L’on devine une partition éreintante pour le soliste (éprouvante cadence de deux minutes), bien que le souci de faire de la musique ne soit jamais étouffé par les contingences techniques. L’Andante moderato central traverse l’ambitus du violon et se morfond un temps en monotones palinodies. Le nostalgique deuxième sujet, confié au registre le plus grave de l’instrument, mais sans véritable beauté mélodique, entraîne le finale Presto aux effusions chorégraphiques un peu trop convenues.
Cette partition énergique, très exigeante techniquement, composée par quelqu’un qui maîtrise évidemment son art, devrait plaire aux violonistes à la recherche de nouveaux répertoires. Il serait en revanche trompeur de la faire passer pour un sommet méconnu, d’autant plus qu’elle se révèle bien plus tardive que son écoute ne le laisse supposer, l’auteur Stanojlo Rajičić étant né en 1910. Il nous a quitté en l’an 2000.

Belle prestation de la jeune (1978) Tijana Milošević, discrètement soutenue par la Philharmonie de Belgrade et son chef Angel Šurev. Le même CD RTS PGP 430589 permet d’entendre la soliste dans une musique que l’on suppose avoir été composée pour elle, la Muzika za Tijanu d’Aleksandra Đokić (née en 1969), ballade impressionniste avec accompagnement de piano, mollement acclamée par le public - ce que l’on peut comprendre.

Le troisième morceau slave du CD donne à entendre Hameum svita, suite de pièces populaires stylisées par les clarinettistes Božidar « Boki » Milošević et Ante Grgin, ici impeccablement défendues par la maestria de la violoniste. Il serait dommage de ne pas citer le piano d’Istra Pečvari.
Autres œuvres du CD : Poème de Chausson, Sonate de Debussy. Voir sa description sur www.pgp-rts.co.yu/katalog/izdanja/430589.html.
Site de l'artiste : tijanamandworldcontakt.com.

« Заnucaно ςγслама » : voici le titre d’un album chaudement recommandé par un ami serbe. Sur la pochette, un oiseau, surimprimé par une cithare stylisée. Je retourne l’objet. Les neuf titres sont rédigés en cyrillique. Je crois comprendre qu’il s’agit de chants nationaux : « des ballades du temps des guerres ottomanes », me précise le vendeur, tout heureux de faire la promotion de sa maigre vitrine à un visiteur étranger. Ce sont très vraisemblablement des chansons de geste : la basse continue de la cithare sert de support à une déclamation très précise. L’on ressent à chaque seconde la volonté de partager un discours, sans doute poétique. Alors l’on se souvient que les héritiers d’Homère avaient été identifiés, il n’y a pas si longtemps, parmi les conteurs populaires de la côte Croate, capables de déclamer pendant de très longues durées des histoires épiques et cruelles – la mémoire d’un peuple. Mais sans compréhension du discours, la musique, fondée sur des modes byzantins, est trop monotone pour se suffire à elle-même. L’on songe à certains chants orientaux fondés sur la même utilité, insupportables aux non-initiés. L’on réservera donc ce CD aux serbophones. CD 406621 SOKOJ.

Encore un album entièrement présenté en cyrillique, fruit d’une même moisson : TEOДУΛИЈA, Teodulia. Mélange de folklore et d’arrangements modernes (batterie, piano…), très « world music » et, dans le genre, réussi. L’on goûte çà et là une douce langueur orientale, quelques solos de violon, des accents quasi flamenco. Somme toute, certains groupes de musique bretonne, chez nous, ne font pas autre chose. Les membres du groupe expliquent à quel point ils aiment leurs racines, la musique contemporaine et Dieu : voici l’explication du nom qu’ils ont choisi, Theodulia signifiant « servant de Dieu ». Notons la participation d’une certaine « Madame piano » qui semble posséder une certaine notoriété chez les Slaves du Sud. CD 10261 SOKOJ. Le site officiel (http://www.teodulija.co.yu) répondant absent, on trouvera des renseignements ici : www.myspace.com/teodulia.

Il faut avoir l’oeil bien aiguisé pour distinguer ce CD, commémoratif des trois quarts de siècle de la Radio de Belgrade, du précédent commenté plus haut. Mêmes couleurs tristement militaires, même nombre 75 en gros caractères. Mais ici il s’agit de musique populaire. Le Narodni orkestar (Orchestre national) invite à la danse. Sa musique est savoureuse, heureuse, bien léchée. Elle se distingue de la roumaine par la présence moins systématique des instruments du terroir (caval, nai, etc.) et peut-être un son plus lisse, plus viennois (écouter l’incipit de Svilen konac, piste 8), le rôle soliste de la clarinette (et non du taragot) et de l’harmonica.

La deuxième partie du disque invite le Narodni ansambl (Ensemble national), plus proche des tarafs roumains. On entendra même des inflexions klezmer dans le démonstratif Splet iz Srbije (piste 14), et le début déclamé de la Šopska igra (piste 16) évoque irrésistiblement la manière Bregović.

Le troisième et dernier orchestre du CD se nomme Eksterni ansambl Bore Dugića, du nom de Bore Dugić, flûtiste et meneur du groupe. Le premier morceau, Tren, offre un contraste flagrant avec les danses effervescentes du Narodni ansambl. S’agit-il de musique populaire, ou d’un morceau New Age destiné à la relaxation des cadres ? Vu sous cet angle, pourquoi pas ; sinon, l’on pourra ignorer sans regret cette langueur de quatre minutes et trente-trois secondes. Suit la Badinerie de Jean-Sébastien Bach, joliment sifflée par Dugić. Dommage que le morceau suivant retrouve un ton New Age et sans grand intérêt. La dernière pièce invite, assez étrangement, l’orchestre symphonique et le chœur de femmes de la radio, pour un moment tous comptes faits bien troussé et bondissant, à la séduction certaine. CD « 75 GODINA RADIO BEOGRADA » 406348, décrit ici :
www.pgp-rts.co.yu/katalog/izdanja/406348RadioNarodni.htm.

4 commentaires:

Thanh-Tâm a dit…

Merci Alain pour cet article intéressant et expressif, comme toujours !

Ton jugement sur Vasilije Mokranjac est excessivement sévère mais il se base sur une partition, il est vrai, peu représentative de sa maturité. S'il ne fut jamais un avant-gardiste, il n'en développa pas moins un univers très personnel qui n'aurait guère pu voir le jour avant son époque. Les symphonies, en particulier la Quatrième et la Cinquième, sont assez saisissantes dans leur dramatisme très noir, très buriné. Le plus bref Poème lyrique a quelque chose de transcendant.

Bien d'autres musiques serbes mériteraient une diffusion internationale. Ljubica Marić (1909-2003) commence à y accéder grâce, notamment, à la réédition par Chandos d'extraits d'un double CD paru en Serbie mais aussi aux efforts d'interprètes tels que Borislav Čičovački. Milan Ristić (1908-1982) est un "classique" de la musique orchestrale serbe d'après-guerre ; s'il peut sembler, lui aussi, s'être rabattu sur un langage relativement traditionaliste (la comparaison entre la bouillonnante et audacieuse 1e symphonie, de 1944, et la très classique 2e est assez instructive à cet égard), il n'en a pas moins exprimé un tempérament spécifique, intense, d'une grande clarté exempte de sentimentalité, qui rappelle parfois étonnamment certains climats de Holmboe (lequel, rappelons-le, fut très influencé par ses séjours en Roumanie). Sa 8e symphonie est d'une concision et d'une qualité d'écriture très remarquables. L'on trouve aussi des partitions d'une verdeur réjouissante, plus extravertie, chez Aleksandar Obradović (1927-2001). Rudolf Bruči (1917-2002), d'origine croate et qui réalisa l'essentiel de sa carrière à Novi Sad, connut son heure de gloire avec la très brillante Sinfonia lesta, qui remporta le Concours international Reine Elizabeth de Belgique en 1965 et fut enregistrée par Philips. Très séduisante, elle peut sembler se cantonner à un style post-bartokien virtuose et non problématique ; la Troisième symphonie, elle, se révèle bien plus austère, intérieure, d'une gravité essentielle et sa sombre force intérieure connaît peu d'équivalents dans le répertoire orchestral du dernier demi-siècle. Il serait intéressant de redécouvrir également son magnum opus, l'opéra Gilgamesh.

Bien d'autres créateurs mériteraient d'être cités et surtout joués, comme par exemple Dušan Radić (1929), ancien enfant terrible de la musique serbe dans les années 1950. Je me contenterai ici d'attirer l'attention sur une oeuvre aussi ardente que secrète, d'aspect relativement simple mais singulièrement émouvante : Horror Vacui de Nataša Danilović. La brève analyse que j'en avais faite voilà quelques années est temporairement hors-ligne, j'en signalerai la nouvelle adresse dès que je la connaîtrai.

Bien amicalement,

Thanh-Tâm Lê

Alain Chotil-Fani a dit…

Merci à toi, Thanh-Tâm, pour ces informations détaillées, qui offriront un complément de qualité aux lecteurs de cet article.

Je précise ne pas porter de jugement sur Vasilije Mokranjac, ce qui n’aurait pas de sens, mais seulement sur son Ouverture Dramatique, qui mérite bien son nom, après tout. Je ne suis pas excessivement sévère à son sujet, pas plus que je ne suis excessivement indulgent à l’égard de l’autre Mokranjac, prénommé Stevan Stojanović. J’use simplement de mon regard (si j’ose dire) de mélomane pour faire partager mes découvertes et déconvenues. Je ne pense pas une seconde qu’il faille défendre une partition comme la fate et bedonnante Ouverture Dramatique, ne serait-ce que pour donner quelque crédibilité à un regard critique dont l’un des buts est d’éclairer l’amateur, et non de lui faire prendre des vessies pour des lanternes, fussent-elles serbes.

Que V. Mokranjac ait fait mieux par ailleurs, on ne peut que s’en réjouir (les mauvaises langues ajouteront avec une pointe de cruauté : « ça, ce n’était pas si difficile »).

Amicalement à toi,

Thanh-Tâm a dit…

En repassant sur cette page, je m'aperçois que j'avais omis de t'indiquer l'origine des deux pages orchestrales de Petar Konjović, Kestenova gora et Velika čočečka igra. Il s'agit de deux interludes tirés de l'opéra Koštana (1934), une sorte de pendant serbe de "Carmen", dont l'action se situe dans la région de Vranje, au sud de la Serbie. Ils sont d'ailleurs souvent joués hors contexte avec une troisième pièce, Sobina, l'ensemble constituant le triptyque symphonique Koštana.

Alain Chotil-Fani a dit…

En effet. La Library of Congress est claire sur ce point : http://id.loc.gov/authorities/names/n98104080.html .

A noter que le drame Koštana a été représenté à Brno et à Prague au milieu des années 30 ( http://www.rastko.rs/isk/rpejovic-music_xviii-xx.html ), sans pour autant s'inscrire durablement au répertoire de ces scènes lyriques.