lundi 8 septembre 2008

Dinu Lipatti (1917, Bucarest - 1950, Genève)

Ses premiers maîtres de piano sont Florica Musicescu et Mihail Jora qui lui enseigne aussi la théorie musicale. Ce dernier devient son professeur au Conservatoire de Bucarest de 1928 à 1932, pour l'harmonie, le contrepoint et la composition. Dinu Lipatti suit dans cette institution les classes de musique de chambre (professeurs Dimitri Dinicu et Mihail Andricu). Diplômé en 1932, il choisit de se perfectionner deux années plus tard à l'Ecole Normale de Musique de Paris. Pendant cinq ans, il est l'élève des pianistes Alfred Cortot et Yvonne Lefébure, des compositeurs Paul Dukas et Nadia Boulanger, et de Charles Münch et de Diran Alexanian pour la direction d'orchestre.

Sa carrière de pianiste virtuose commence en 1922 et ne s'arrête qu'à sa mort. Il réalise dans cet intervalle des tournées dans une quinzaine de pays européens. Il joue avec George Enesco, Herbert von Karajan, Edouard van Beinum, Paul Sacher, George Georgescu, Otto Ackermann, Hans von Benda, Alceo Galliera, Ernest Ansermet, Willem Mengelberg, Ionel Perlea, Dan Simonescu, etc.

Il rejoint la Société des Compositeurs Roumains en 1933. En tant que compositeur il est honoré trois fois du prix George Enesco (Première mention, 1932 ; deuxième prix, 1933 ; premier prix, 1934). La République Française lui décerne en 1937 une médaille d'argent pour son oeuvre. En 1949, il reçoit le Grand Prix de l'Académie Charles Cros.

De 1944 à 1949, il enseigne le piano au Conservatoire de Genève. Auteur de nombreuses communications et conférences sur la musique, Dinu Lipatti est aussi un artiste-photographe d'une grande sensibilité.

Disparu très jeune (33 ans), Dinu Lipatti laisse un catalogue de compositions d'une ampleur insoupçonnée. Sa suite symphonique Şătrarii op. 2 (Les Tziganes, 1934) est l'une de ses partitions orchestrales les moins méconnues. Il est également l'auteur d'un Concertino dans le style classique pour piano et orchestre de chambre op. 4, d'une Suite dans le style classique pour cordes (1936), d'une Symphonie Concertante pour deux pianos et cordes (1938). Les Trois scènes symphoniques (1941), un Concertino dans le style français pour piano et orchestre (1941), un Prélude, Chorale et Fugue dans le mode antique pour archets (1941?), un Choral pour cordes (1944) sont écrits pendant la guerre. Ses Danses roumaines pour piano et orchestre de 1945 sont sa dernière œuvre orchestrale terminée. D. Lipatti n'a pas achevé les partitions d'une Toccata pour orchestre de chambre (1936), d'une Symphonie (1944) et d'une Symphonie de Chambre (1949).

Il écrit des duos (Sonatine pour violon et piano, 1933 ; Allegro pour clarinette et basson, 1936 ; Concert pour orgue et piano, 1939), deux trios pour violon, violoncelle et piano (Fantaisie, 1936 ; Première improvisation, 1939), un quatuor pour flûte, hautbois, clarinette et basson (Aubade, 1949), deux quintettes inachevés (pour cordes, 1935 ? ; pour vents, 1938).

Hormis une Introduction et allegro pour flûte solo (1939), ses partitions pour instrument soliste ne concernent que le piano. Son catalogue comporte une dizaine d'œuvres (danses, nocturnes) dont une Sonate (1932) et une Sonatine pour la main gauche (1941). Il laisse aussi trois recueils de mélodies (Les soirées du parc Jianu pour baryton et piano, 1940, inachevé ; Cinq chants sur des vers de Paul Verlaine, 1914-1945 ; Quatre mélodies, 1945). Il n'a pas mené à terme son unique tentative d'aborder la musique chorale (Motet, 1937?).

Sources
  • Viorel Cosma, Muzicieni din România, vol. V, Editura muzicală, Bucureşti, 2002 - ISBN 973-42-0317-7

1 commentaire:

bobocel a dit…

En lisant le roman musical d'André Tubeuf (sorti en 2008): "La quatorizième valse", on comprend mieux l'esprit Lipatti. Les années 1950. Il jouera encore Chopin, au festival à Besançon, jusqu'à la dernière valse, la quatorzième.