samedi 6 septembre 2008

Marţian Negrea (1893, Vorumloc - 1973, Bucarest)

M. Negrea commence ses études musicales au Lycée Hongrois Romano-Catholique d'Odorhei (1909-1910) avec le professeur Dobo, puis au Séminaire Pédagogique Andreian de Sibiu (1910-1914) avec Timotei Popovici (musique vocale, chant d'église) et, en parallèle, avec Franz Zizka (violon), à Vienne (1913) avec Friedrich Buxbaum (violoncelle). Il rejoint l'Académie de Musique de Budapest (1917-1918) où il suit les cours de Zoltán Kodály pour l'harmonie, Viktor Herzfeld pour le contrepoint et Pongrácz Cacsoh pour la pédagogie musicale. De 1918 à 1921 il est inscrit à l'Akademie für Muzik und darstellende Kunst de Vienne. Ses professeurs se nomment Eusebius Mandicevski (harmonie, contrepoint, fugue), Eugen Thomas (théorie, solfège, choeur), Franz Schmidt (composition). En 1919 il suit les cours particuliers de Rudolf Bella (contrepoint), Franz Schalk et Ferdinand Löwe (direction d'orchestre), Joseph Saphier (piano), Max Graf (esthétique), Witz Worwil (chant).

Marţian Negrea est mobilisé, au grade de sous-lieutenant, par l'armée Austro-Hongroise pour la campagne de Gallicie (1916-1917). De 1921 à 1941 il enseigne l'harmonie, le contrepoint, la fugue et la composition au Conservatoire de Cluj. Il est directeur artistique de la Philharmonie Gheorghe Dima de cette ville (1927-1940). En 1941 il devient professeur d'harmonie au Conservatoire de Bucarest puis professeur consultant de 1963 à 1970.

Son catalogue comprend deux Rhapsodies, une Symphonie, un Concerto pour orchestre et diverses autres oeuvres symphoniques, de la musique de film (Prin Munţii Apuseni), des opéras (Marin Pescarul) et oratorios, une abondante musique de chambre (duos pour divers instruments, quatuors à cordes), de la musique chorale, des mélodies. Negrea est l'un des plus importants compositeurs roumains de l'entre-deux guerres. La rivalité entre la ville de Cluj, où il s'était installé, et la capitale roumaine, peuvent expliquer une reconnaissance relativement faible. En pleine seconde guerre mondiale, ses recherches musicologiques rattachent le legs du Transylvain Ioan Caiănu, musicien du XVIIe siècle, à la culture roumaine, s'attirant la vive inimitié des musicologues hongrois.

Il reçoit le second prix (1922) puis le premier prix (1938) du concours de composition George Enesco, la médaille Bene Merenti (1927), le prix Robert Cremer (1939), le prix d'Etat (1952, 1954), l'ordre du travail seconde classe (1954) et première classe (1964), et est désigné en 1958 Maître émérite des Arts.

Comme compositeur, Marţian Negrea est resté influencé par ses études rigoureuses sous la férule d'Eusebius Mandicevski, tout en cultivant un style néoromantique parfois entâché d'impressionisme français. Sa musique reste appréciée pour ses couleurs, sa spontanéité, sa grande sensibilité. Il est l'auteur de nombreux articles, conférences, émissions télévisuelles et radiophoniques.

Sources
  • Viorel Cosma, Muzicieni din România, vol. VII, Editura muzicală, Bucureşti, 2004 - ISBN 973-42-0366-5

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Comme tu m'y a invité, je viens de lire avec attention la biographie de Negréa et je n'ai rien à y ajouter. Bravo
eric

Alain Chotil-Fani a dit…

Merci Eric. N'hésite pas à revenir vers moi pour tout complément auquel tu songerais par la suite. Un connaisseur comme toi a sûrement des choses passionnantes à dire.